28/09/2003

Samedi au Proscenium: j'y étais


Le Café des roses

 

Auteur : Carine Lacroix

Mise en scène : Marc Goldberg

Interprètes : Sébastien Roch, Carine Lacroix

 

Un vieux bistrot à l'abandon abrite les histoires de Elle et Lui, seuls habitants d'un village déserté. Pour tromper leur solitude, ils incarnent tour à tour différents personnages et animent ainsi le café d'une clientèle imaginaire. L'amour s'y cache, s'y écorche et s'y révèle.

 

                                                      

     

Un avis singulier dans un monde pluriel

Deux personnages loin des tempêtes du monde extérieur. Qui ne parlent ni de guerre, ni de faim, ni d'apocalypse, ni de politique. Une histoire comme un jeu d'enfant, comme un « il était une fois un homme et une femme qui vivaient d'amour et d'eau fraîche », une histoire pour rêver.

 

Tantôt prolétaire, fougueux et crâneur, tantôt jeune dandy désabusé noyant son amertume dans le whisky, Sébastien Roch donne la réplique à la délicieuse Carine Lacroix. La jeune actrice incarne quant à elle tantôt l'idiote du village, tantôt une femme aveuglément amoureuse attendant un hypothétique coup de téléphone de son mari parti à l'autre bout du monde.

 

Un couple rêve et se joue la comédie : Elle et Lui s'inventent des personnages pour échapper à leur solitude, à leur village abandonné. A travers leurs histoires d'amour inventées - histoires d'amour fictives qui se jouent tout au long de la pièce, le vrai couple se déchire, se repousse pour mieux enfin se retrouver.

Deux personnages qui se révèlent l'un l'autre au travers de différents scénarios amoureux, pour ne finalement découvrir que la meilleure partie d'eux-mêmes.

 

Poésie, fantaisie, émotion. Le Café des Roses transporte plus loin qu'il n'y paraît, au premier abord. Deux personnes meurtries par la solitude, leur solitude: un homme et une femme qui cherchent seulement à aimer.

Le café des roses -- Se perdre à deux, s'inventer des personnages : prendre des risques pour mieux risquer ses sentiments.

Epine de roses -- Une pièce de théâtre qui projette dans la réalité de certains couples qui, par routine, manquent de se retrouver, de s'aimer, se perdent et finissent par se détacher l'un de l'autre.

 

Véritable femme-enfant, Carine Lacroix est superbe de naturel et de grâce. Pétillante, elle est étincelante. Sébastien Roch est quant à lui loin de son image de sitcom : excellent dans une pièce qui s’avère un réel exercice de style, il est simplement troublant car criant de vérité.

 

Un petit chef- d'oeuvre que je qualifierais de 37.2 le matin , version théâtre live: décapant. Une pièce qui donne définitivement envie d'aimer, d'aimer un peu mieux, un peu plus…

 

 

NDLR : Confortablement installée, j’ai eu le plaisir, avant que la pièce ne commence, de me faire servir le café par un personnage masqué : Sébastien Roch en personne, s’il vous plaît =) !


01:38 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

25/09/2003

Qui me parle ??

 

Le Web recense hélas peu de pages concernant les différents artistes qui se revendiquent de cette forme d'expression qu'est l'art médiumnique. Les artistes désincarnés ont pourtant le désir de perpétuer leur pensée créatrice et de se manifester aux hommes par la musique, la littérature, la poésie, la sculpture et/ou la peinture…

 

Le peintre médium est le témoin et l'interprète de la survivance de l'esprit. L'esprit créateur qui formule sa pensée agit par télépathie auprès du médium: les formes et les couleurs lui parviennent sous formes de vibrations. Mentalement, automatiquement, le peintre traduit la pensée de l'invisible, véritable message de l'au-delà dans la rencontre de l'homme et de la mort qui parle.

 

Il y a quelques mois de cela, je visitai - 2 fois de suite =), le musée Desmoulins, à Brantôme. Un vrai délice: contemplation faite de fascination et de perceptibles frissons... Parmi les oeuvres médiumniques de Fernand Desmoulins, on observe des figures de rêve et d'épouvante, des profils délicieux, des têtes de suppliciés exprimant une douleur horrible. Tous ces visages ont une intensité d'expression extraordinaire.

 

 

 

Je me souviens du musée Desmoulins comme d'un théâtre spirite multimédia: des projections holographiques y reconstituaient le cabinet de travail de l'artiste médium, entouré des esprits qui l'animaient jadis.

Je ne réussis pas à comprendre pourquoi ce souvenir m'habite depuis le début de la semaine. Le procédé des projections holographiques n'est pourtant pas la tendance identifiée du Satis 2003… Comprends pas...

Quoi qu'il en soit, j'enrage de ne trouver on-line que quelques pauvres illustrations des oeuvres de FD... 



23:17 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/09/2003

Réponse


Lors de ses désormais banales errances, mon esprit - nostalgique ? - m'emmène fréquemment dans les méandres d'un passé troublé.

 

Récurrentes réminiscences au cours desquelles je me sens comme acculée à quelques bribes de vie évanescentes et sans réelle consistance. Je me revois me débattre avec le désordre d'une vie dont je ne réussis pas à me soustraire, essayant vainement de surnager. Je brasse l'air avec l'énergie du désespoir, tentant sans succès de trouver quelque chose à quoi me raccrocher. Je virevolte pourtant de plus belle, m'éloignant toujours plus loin de l'essentiel: de ma vérité. Qui suis-je, où vais-je ?

 

Quelques fondus enchaînés plus tard, je me retrouve catapultée dans un passé plus lointain encore: flash-back sur mon chaotique parcours. Souvenirs d'une adolescence avortée au profit d'un cursus scientifique plutôt brillant. S'ensuit la prise de conscience tardive d'un goût avéré pour les mots venant brusquement supplanter mon habileté à résoudre les équations les plus complexes. Qui es-tu, où vas-tu ? Des regards interrogatifs se posent sur moi; je les entends encore me questionner sans relâche: s'ils savaient combien ils m'ont à l'époque pesé...

 

Pourquoi essaye-t-on incessamment de me rationaliser ? Pourquoi devrais-je justifier ces années hasardeuses aux nombreux errements et revirements ?

En réalité, je ne souhaite pas les justifier et jamais je n'ai agi pour les effacer: je n'ai pas de comptes à rendre. Jamais je n'agis pour justifier un passé mais plutôt pour affirmer un présent qui ne lui correspond plus.

De mon identité découle la solution. Une solution qui rime aujourd'hui avec conciliation.


21:50 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/09/2003

Précepte de base

 
De votre ami, dites du bien.
De votre ennemi, ne dites rien.

12:23 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

17/09/2003

Non


Je hume l'air, la tête en l'air: je n'ai rien à voir avec la terre...
Des pensées me traversent la tête: insensées, elles me grisent et m'entêtent.
Je les entends me dire: « Fais un effort ! » Mais, je ne suis pas du tout d'accord.
 
La guerre se fera sans moi aujourd'hui. Demain matin, on verra: c'est jeudi !

23:55 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/09/2003

haima + rhagê


La couleur pourpre teinte sa couche depuis quelques jours: tandis que le mal le ronge, sa vie plonge.
Ses derniers sursauts de vie s'écoulent hors de lui, sanguinolents.
Quand le sang cesse enfin de couler, la vie l'a quitté: il s'en est allé. Apaisé ?
Aujourd'hui, le froid de l'hiver l'a engourdi: il s'est à jamais raidi.

Hémorragie de tristesse. J'aimerais tant, en cet instant, croire en la métempsychose...




23:19 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

14/09/2003

Coup de gueule !


11 septembre 2003 - Une maison appartenant à Bertrand Cantat, leader du groupe Noir Désir, est entièrement détruite par un incendie d'origine indéterminée. Le sinistre survient deux ans, jour pour jour, après la parution du dernier album du groupe, « Des visages, des figures », dont le deuxième titre s'intitulant « Le grand incendie », avait déjà fait couler beaucoup d'encre -les paroles ayant été considérées par certains, comme une prophétie de l'attentat du World Trade Center.

 

Chacun se permet alors d'apporter sa pierre à l'édifice et de justifier ce qui n'attend pas, a priori, de justification. Chacun croit en la pertinence de ce qu'il a à dire sur le sujet; on cherche du sens, on appelle les vieux amis, on s'interroge -ensemble- en boucle: «Qu'est-ce qui a bien pu se passer, ça ne colle pas ?!

 

Violence des coups portés. Une amoureuse massacrée. Pour elle: le linceul; Pour lui: les menottes. Chaos d'une douleur incompréhensible.

On reprend les disques que l'on a jusqu'à présent adorés, sans oser les écouter, on relit les textes: on les dissèque, on introspecte.

Bertrand Cantat ou le Céline des temps modernes: une oeuvre qui se dissocie de son auteur tout autant qu'elle en est l'incarnation.

 

Je ne suis pas spécialement familière de l'oeuvre de B. Cantat, ni de celle de feu sa bien-aimée. Je suis cependant prise d'une furieuse envie de gerber devant un tel acharnement: mais foutez-lui/leur la paix bordel !!

 

Une bien sinistre tragédie, certes. Toujours est-il que les médias n'en finissent pas de s'acharner sur le pourquoi du comment d'un simple fait divers, relayés par un public en mal de sujet de dissertation.

Trop d'encre coule à mon sens pour ce qui n'est finalement rien de plus que l'issue glauque et malheureuse d'une histoire d'amour passionnelle entre 2 êtres, hélas publiquement connus. 

 

Pendant que l'on s'acharne aveuglément, on fait malheureusement et tristement l'impasse sur ces autres drames auxquels le journal télévisé ne daigne pas accorder le temps "mérité": qui s'intéresse en effet (encore) aujourd'hui aux résultats de l'enquête menée suite à la mort du petit Nicolas, en août dernier, des suites d´indicibles actes de barbarie ?

A croire que le véritable calvaire qu'ont infligé ses parents, sa grand-mère et son oncle à ce petit bonhomme âgé de 9 ans, ne mérite que les quelques entrefilets qui lui sont ici et là, de temps à autre, réservés dans la presse... Dans le même temps, on ne compte plus le nombre de pleines pages accordées à l'affaire Cantat/Trintignant !

 

Verdict: le sort de Nicolas s'avère médiatiquement moins intéressant que celui de Bertrand ou de Marie.

La colère monte: quelle honte !!!

 



14:46 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (640) |  Facebook |