12/10/2003

Après -- Comme l’impression d’avoir rédigé un communiqué de presse, là… ;-(


De quoi qu’elle parle enfin ?!
Le Soulier de satin écrit par Paul Claudel, mis en scène Olivier Py
Version intégrale jouée au Théâtre de la Ville, Paris, samedi 11 octobre à partir de 13.00
Version de 11 heures environ entrecoupées de 3 entractes
  
Contexte
Ecrit dans la foulée du Traité de Versailles, l’action s’étale sur quelque 20 ans à la fracture des XVIème et XVIIème siècles.
Paul Claudel utilise la géographie politique du siècle d’or sous la bannière des rois catholiques, pour donner figure à l’aventure intérieure des personnages. Le drame du Soulier de satin sert et se sert en effet d’une révolution de la pensée, d’une nouvelle conscience qui prend tout à tour les visages du baroque, de la contre-réforme et des découvertes induites par l’ouverture de Christophe Colomb, en un mot, d’un nouveau sursaut dans la conscience de l’universalité.
 
Mise en scène
Plus de 10 heures de spectacle pour une double histoire d’amour impossible et de quête de Dieu, partagée en 4 journées, sur terre et sur mer d’un bout à l’autre du monde, de l’Afrique aux Amériques.

 
 
Mi-figue, mi-raisin… Voire plutôt raisin finalement !
La pièce vient à peine de commencer et Claudel annonce de suite la couleur à travers le personnage de l'Annoncier : « Ecoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c'est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c'est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle ».

 
[Tout à fait Thierry ! Je crois bien en effet que vous n’auriez pas mieux pu résumer ce que je retiens aujourd’hui du Soulier de satin !]
 
Le théâtre auquel j’assiste est très (beaucoup trop en réalité, à mon goût !) classique et académique. La beauté du texte réussit cependant à m’envoûter; la langue est magnifique car d’une richesse immense: dense, foisonnante et pourtant très rigoureuse.
 
L'exhibition des décors réussit également à me fasciner: la scène fait alterner le dépouillement naïf d'un plateau nu, de bateaux d'enfant, d'une roue céleste où sont fixées des étoiles que l'on peut décrocher, et la splendeur de frontons de palais baroques, de portiques qui s'encastrent les uns dans les autres, pour figurer soit un mur, soit une perspective, tout martelés d'or.
 
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Olivier Py célèbre le théâtre, mais aussi le cinéma, à travers le verbe claudélien: un crâne d'Hamlet, une épée croix de Corneille, un vagabond à la Beckett, ou une gigantesque sphère dorée, tribut à Chaplin, qui peut tour à tour incarner le globe, la puissance de l'Espagne catholique.
 
Quant au reste, ben…: je suis partie après 4 heures passées à ne pas accrocher à une intrigue portée par de trop nombreux acteurs. Définitivement trop académique à mon sens et trop déclamé, j’ai désormais, je pense, bien saisi l’ampleur de « … immense oratorio baroque ». Immense oratorio qui m’a menée, j’avoue, plusieurs fois dans les limbes de Morphée…
 
Intense et troublant souvenir, enfin, de la sensation provoquée à la toute première lecture de quelques mots. Quelques mots qui n’ont pas cessé de surplomber le déroulement de l’intrigue. Intrigue dont le sens restera, à jamais, confusément enfoui dans les brumes de mon esprit…
Quelques mots qui disaient: « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ».

 

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16:18 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

donnez envie aux vies! Merci, pour ce bel article et surtout ces photos, tu me donnes envie d'y aller. C'est très impressionnant ces couleurs et ces matieres... APluche.

Écrit par : jul | 14/10/2003

Un peu dure.... Je sais que c'était terrible pour toi mais quand même...... :-)

Écrit par : C | 15/10/2003

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