31/12/2003

2004 - 6H


Sans doute trouveriez-vous bien banal que je vous adresse des voeux de bonne année... Vous en recevez déjà probablement tellement par ailleurs ! Des voeux lancés à votre intention, des voeux lancés sans y penser… Ces voeux qui ne vous souhaitent, à bien y réfléchir, rien de ce qui rendrait vraiment votre vie meilleure, plus belle. Dans ce contexte, est-il vraiment relevant de vous présenter les miens ? Et puis m...., qu'importe !

 

A l'aube de la nouvelle année, une seule certitude m'habite: 2004 sera bien postérieure à 2003. Pour le reste, si nous laissions les choses doucement venir à nous ?...

 

2004 - 6H

Un constat à Semblable à la princesse des nuées, la voyageuse ailée est gauche dans l’art de remercier. Vous remercier de votre fidélité… Aussi: 

Douce entrée dans la nouvelle année, à tous…

 

 

Un toast à Puisse 2004 nous emmener, ensemble, vers plus de beauté...


18:02 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

27/12/2003

Blues de rangement de tiroirs


En ce lendemain de Noël, j’ai le blues. Le blues d’avoir rangé tous mes tiroirs.

 

Il y a de cela quelques années, nous le trouvâmes, laissé à l’abandon, sur un trottoir. Attendris, nous le prîmes immédiatement sous notre aile. Ce soir, il trône sur le haut de l’armoire de la chambre, niché sur une valise vide: mon petit coffre renferme aujourd’hui ce que j’aime à appeler « mes petits trésors de vie ».

 

Hier matin, débordante d’énergie, j’ai entrepris un chantier d’envergure: le rangement de mon appart’ ou plutôt le rangement de ses tiroirs… C’est qu’il commence tellement à ne  plus y avoir d’ordre dans mon désordre que je ne réussis plus toujours à y retrouver mes petits ! Un rangement s’imposait donc, on est bien d’accord !

 

Règlement et classement de factures. Brusque envie de passer l’aspirateur dans le salon. Finalement, passage par la chambre, la salle de bains, bref: grand ménage de printemps improvisé. Ok, grand ménage d’hiver, si vous y tenez… Mon idée première me rattrape soudain et je me recentre dès lors sur mon but premier: ranger tous les tiroirs de l’appart’.

 

Consciencieuse, je m’applique: je fais du tri, je lis attentivement avant de jeter, je range, je classe. Je retombe alors sur des vestiges oubliés, des petits trésors d'une vie antérieure. Une vie antérieure qui me manque bien souvent, d'ailleurs...

 

Temps déraisonnable passé à re-découvrir quantité de petits riens, délicatement déposés au fond du petit coffre, au fur et à mesure des années. 

Chacun de ces petits riens me renvoie à une parcelle de vie passée: un mot d’amour que l’on avait anonymement déposé sur ma chaise, en terminale; une photo de mon bien aimé Manuel C.; un billet d’entrée pour la soirée ICAM 1994; un ticket de restau U. de 1992… Ainsi qu’une grande quantité de lettres, entre autres choses...

 

Je relis chacune de ces lettres, les yeux embués de larmes: la déclaration d’amour de Bruno B -- Je n’ai, by the way, jamais reçu plus belle déclaration d’amour !; la lettre d’excuses d’Olivier A.; celle d’Hakima G. à sa manouche; la déclaration d’amour de mon dentiste -- Que de déclarations d'amour ouahhh ;-)! Sans doute celui-là n’avait-il jamais vu plus belles molaires de toute sa vie...; la lettre de mon très cher Nicolas G. -- Ce même Nicolas que je n’ai pas revu depuis plus de 13 ans mais qui pourtant, régulièrement encore, vient habiter mes rêves… Je redécouvre également la lettre de Lilia H.

 

 

Ma très chère toi,

 

[…]

Ton écrit. Je le relis (une 5ème fois). Très rapidement, je dirais que tu as le talent de la « phrase-choc ». Des jolies phrases bien rythmées qui font sentir plus qu’elles ne disent. Mais c’est là le plus important. Dire est facile. Faire vibrer l’est beaucoup moins, n’est-ce pas ? Par contre, il est faux de dire que la pratique épistolaire ne fait qu’augmenter la distance. La réplique n’est pas toujours nécessaire. On ne peut en effet pas répondre à un hurlement. Quand les mots sont écrits parce qu’ils ne peuvent être dits, que veux-tu répondre ?

Le monologue est essentiel car il n’est jamais – justement – qu’un monologue. Il est plutôt même un dialogue avec soi et avec l’autre que l’on sait en soi. Je crois que c’est fondamentalement l’unique but de l’écriture: savoir l’autre en soi.

 

[…] En méthodologie, on a étudié un texte d’Aristote sur l’amitié. Ça rassure de se dire que la philosophie traite aussi de ce genre de sujets. J’y crois véritablement à l’amitié. […] Je sais que j’y crois parce que j’en ai besoin, mais….

 

            Parlons de mes coups de blues alors, puisqu’il semble que tu veuilles en savoir plus. En réalité, ce n’est pas très compliqué. C’est juste que j’ai peur de vivre. Tout est là. Du coup, les angoisses se cristallisent dans les objets les plus divers : les études, le boulot, le fric, l’avenir très concret, le manque. […] J’ai peur de ne jamais réussir à mes propres yeux, car je suis mon propre juge, le pire de tous. Jamais d’indulgence. C’est en ça que cela m’apporte de rencontrer des gens tels que vous. Parce que je me dis que si vous me supportez, c’est qu’il y a quelque chose au fond de moi à travailler.

Mes angoisses sont celles dont souffre tout être humain. Les angoisses face au temps, face à l’avenir, à toutes ces questions sans réponse. […]

 

            Voilà, je pense que je vais clore ici (pour) retrouver mes angoisses nocturnes […] En fait non, je voulais te parler de M: « Les contraires s’attirent », « Qui se ressemble, s’assemble » ? Je ne sais pas, tout cela sont des légitimations débiles et bien faibles. Je pense en effet qu’on peut construire une relation stable sur des différences importantes. Parce que, par définition, la construction d’une relation suppose une constante remise en question de soi. Que c’est même là la nécessité de cette relation. Du coup, les différences ne sont pas des obstacles, bien au contraire, elles deviennent des conditions nécessaires, mais non suffisantes – à une élaboration plus prononcée quant à sa propre connaissance. Ça ne t’aide pas beaucoup, je m’en excuse.

 

Bon je te quitte ma biche.

Biz biz (donc).

HL.

 

 

A la relecture de cette lettre, une sensation d’intense mélancolie m’a envahie. Cette sensation ne m’a d’ailleurs pas (encore) quittée: douloureux sentiment d’avoir failli quelque part.

 

Comment faire pour rattraper aujourd’hui tout ce temps perdu ? Ce temps que l’on a laissé filé, par inadvertance... D'ailleurs… est-ce souhaitable d’essayer de le rattraper ?? Je vais toutefois tout tenter et lancer quelques perches au destin. Mais… peut-on provoquer ce qui, peut-être, ne doit pas arriver car non prévu au programme de ma vie ??


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24/12/2003

De circonstance no ?



 
... so: meilleurs voeux à tous !

16:38 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

20/12/2003

Tu le sais maintenant. A tout jamais…

 

Il t’a fallu en avaler des couleuvres pour finalement comprendre que la règle qui gouverne les hommes est celle du « chacun pour soi ».

Aussi, souviens-toi: pour contrer l'existence, tout d’abord, dompter les apparences. Mieux qu'une arithmétique, l'esprit fort est le roi.

Ensuite, se méfier des puissances et de l’apparente aisance.

Enfin, les chemins sont multiples: tout est question de choix. Ceux que tu feras…


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18/12/2003

Photo de Yan Leuvrey, empreintée à "Goutte de pluie"

 


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17/12/2003

...


Quand j'avais cinq ans, je m'ai tuée.

J'attendais Popeye qui passe après le Journal. [...] Mais le Journal voulait pas s'arrêter.

Mon papa il le regardait. Moi j'avais mis les mains sur les oreilles pasque le Journal ça me fait peur.

Ça me plaît pas comme télévision. Y a les Russes qui vont nous enterrer. [...]

Un monsieur du Journal est venu. Il avait quelque chose dans sa main, une poupée, et il l'a levée en l'air. (Ça se voyait bien que c'était pas une vraie personne à cause des coutures). J'ai enlevé mes mains.

- Ce que je vous montre là, il a dit le monsieur, c'était le jouet préféré d'une petite fille. Et ce soir, à cause d'un accident stupide, cette petite fille est morte.

Je suis montée dans ma chambre en courant.

J'ai sauté sur mon lit.

Je m'ai enfoncé la figure dans mon oreiller et je l'ai appuyée fort, fort, très fort jusqu'à ce que j'entende plus rien du tout. J'ai arrêté de respirer.

Et puis mon papa est venu et il a enlevé l'oreiller et il a mis sa main sur moi et il a dit mon nom. Je pleurais. Il s'est penché et il a passé ses mains sous moi et il m'a soulevée. [...] Il est très fort.

Il m'a dit tout doucement:

- Là, là, [...] tout va bien, pleure pas.

- Je pleure pas, j'ai dit [...]

Mais je pleurais. Alors mon papa m'a dit que tous les jours il y a des gens qui deviennent morts et que personne sait pourquoi. C'est comme ça, c'est les règles. Et puis, il est redescendu.

Je suis resté assise sur mon lit très longtemps. Assise, comme ça, longtemps, longtemps. J'avais quelque chose de cassé à l'intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m'ai couchée par terre. J'ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l'ai appuyé contre ma tête. Et puis j'ai fait poum avec mon pouce et je m'ai tuée.


22:16 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Une journée


Je tombe de fatigue. Je choisis pourtant d'allumer l'écran de l'ordinateur plutôt que de fermer mes (déjà très lourdes) paupières... Quelqu'un y comprendrait-il quelque chose ??

 

De retour après presque une semaine d'absence, je m'aperçois vite ce matin que je ne suis pas en adéquation avec le dress code établi la veille, en vue de la séance photo d'équipe: j'ai en effet enfilé un discret sweat jaune canari contrastant quelque peu avec les tenues sobres des collègues, tous de noir vêtus. De toute façon, les photos seront en noir et blanc…

La journée se termine sur la Xmas Party 2003 ou comment réussir à s'enfiler l'équivalent de 3 menus grâce à ses voisines de table.

- Ouahhh: 3 steaks mais et ta ligne Mulb, dis ?!

- Bah... merci de vous inquiéter mais ne vous tourmentez pas: je finirai top model. Au cimetière, nous ressemblerons tous à nos idoles. **

 

Alors que j'entends les félins essayer de débusquer, dans le salon, les cadeaux de Noël de l'écrin dans lequel je les ai laborieusement, un à un, empaquetés, je pense au programme de ma matinée de demain: raconter l'histoire de la mise en place d'un système de visualisation immersive stéréoscopique au sein d'un établissement d'enseignement supérieur. Je dois bien l'avouer: j'ai hâte. Mais pour l'heure, le moment est venu d'allumer les étoiles...

 

 

** Inspiré de faits potentiellement réels, ce dialogue est le pur fruit de l'imagination délirante de son auteur.


03:48 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |