09/01/2004

Histoire d'un doux rêve réalisé...


Au réveil, les yeux encore embués des dernières vapeurs de la nuit, elle aperçoit la première neige descendre du ciel en innombrables flocons légers et paresseux, d'un blanc immaculé. A perte de vue, les arbres sont déjà poudrés de blanc: sans doute a-t-il neigé toute la nuit…

 

Sur les pistes de La Bresse, le froid glacial rougit son nez.

Le sol étoilé étincelle de mille feux sous quelques rayons de soleil timides. La neige est gracieuse et reluisante. Le vent chasse la neige des pentes et en recouvre les sentiers qui disparaissent sous un drap blanc.

Amateurs de sensations (très) fortes, ils dévalent ensemble les pistes de différentes couleurs offertes par la station. La sensation de maîtrise de la vitesse et du rythme dans une succession de virages rend le ski grisant et… fatigant ! Si le vin chaud n’existait pas, ‘faudrait l’inventer !!

 

Bientôt, le ciel gris et bas ne permettra aucun point de repère lointain. Presser le pas avant d’être surpris par les ténèbres.

Alors que la nuit ne tarde pas à recouvrir l’horizon de son manteau noir, les nuages conciliants autorisent une lune pâle à venir éclairer la route du retour vers le chalet. Des ombres se dessinent sur la neige tandis que les sapins dansent dans le vent.

 

Gemütliche soirée passée auprès d’un doux feu de cheminée.

Elle titille les bûches, les disposant de façon à obtenir un feu optimal [Sacrée elle, quand même hein !]. Tout d’abord, la flamme jaune vacille, soufflée par le vent qui refoule dans la cheminée, elle semble hésiter… Faible et tremblotante, la chaleur se dégage à mesure que les bûches crépitent dans l’âtre.

Puis, des langues de feu se mettent à lécher avec avidité les brindilles qui, très vite, rougissent de plaisir, se tordent langoureusement sous la caresse et fument de contentement avant de s'embraser de jouissance. La flamme monte enfin, comme aspirée dans l’âtre. 

 

Elle est littéralement fascinée par la danse langoureuse des flammes, comme hypnotisée par la braise, rougeoyant sourdement… Elle se laisse envahir par un rayonnement voluptueux, nimbant son corps de bien-être. Son corps s’abandonne aux délicieuses ondes de chaleur. lle oublie le monde extérieur et s’enferme dans un cocon douillet, la tête comme dans du coton…

Elle se tait et écoute la nuit. Tout est différent dans le noir, les sensations sont autres. Son cœur bat.

 

Echanges de sourires pétris de douceur et d’éclats de rire cristallins. Des doigts chauds caressent les pommettes de l'âme apaisée. Pourtant, bien qu’en excellente compagnie, la jeune femme se sent seule, seule avec une pointe de mélancolie.

 

- Sont-ce là les symptômes du spleen ?

- Le spleen du crépuscule sans doute…

 

Mais son esprit s'est détaché et vole déjà vers d'autres horizons...


23:19 Écrit par mulbante | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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